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De l’Anam c’est à dire l’Âme,
et de sa transmigration

 

 

 

“Né homme je devint vieux
Le cheveux blanc et les genoux cagneux
le dos cassé, la vue basse, misérable
un soir je m’assoupit
sur la rive du loch na Ciarra
Je me réveillais et j’étais un cerf
jeune à nouveau j’avais le cœur joyeux
Mais passèrent les années
et vieux cerf un soir je m’assoupis
sur la rive du loch na Torc
Je me réveillais et j’étais un sanglier
jeune à nouveau j’avais le cœur joyeux
Mais passèrent les années
et vieux solitaire aux boutoirs grinçants
un soir je m’assoupis
Sur la rive du loch na bradan
Je me réveillais et j’étais un saumon
jeune à nouveau j’avais le cœur joyeux
Mais passèrent les années
et vint un pêcheur nommé Briadan
Qui me prit dans son filet
et m’offrit à manger à sa femme
Elle fut enceinte et accoucha de moi
Fintan fils de Briodan
jeune à nouveau j’avais le cœur joyeux”

La révélation de Fintan Mac Briodan,
premier disciple d’Amhairghin ui’Torc

La Haute Tradition nous apprend que les anaim, les âmes innombrables, furent toutes issues de Manred. Elles n’avaient ni but ni chemin à suivre, elles étaient le fruit de la création pure, elles n’existaient pas vraiment puisque ce qui est éternel n’existe pas, l’existence supposant un début, un cheminement et une fin. Leurs chemins leur furent tracés en Abred, ou elles rencontrèrent l’existence physique.

Les corps des mortels sont les Cabhail, les réceptacles des âmes qui, de réincarnation en réincarnation suivent le chemin de leur destin, leur Oidhe. La tradition déclare que “Les actes des existences antérieures forcent les âmes des mortels à subir leur rétribution, leur contraire, afin que l’équilibre soit préservé. Les actes nous suivent toujours. Ils ne s’effacent jamais, tel est l’Oidhe”. L’âme est en toute chose, elle se réincarne après la mort physique de son Cabhail. Seule importe l’âme dont la manifestation est l’esprit et le siège, la tête.

Par la méditation et l’introspection mais aussi par l’écoute des autres et surtout l’observence des preceptes divin, on arrive de mieux en mieux à prendre conscience de son âme. L’Existence physique n’est rien si elle n’est pas au service de l’âme. C’est pourquoi le peuple Celte est très mystique.

L’âme peut s’incarner en tout ce qui peut vivre physiquement, plantes, animaux ou humains et y ressentir toutes les émotions et sensations possibles, agréables ou désagréables. L’âme passera de vies en vies afin de connaître toutes les expériences de l’Abred. Enfin, un jour lointain, ayant vécu tout ce que la vie matérielle rend possible, l’âme ira rejoindre l’éternité du monde blanc, ou tout ira tant que le Geugant existera.

La Haute Tradition enseigne que : “Comme il n’est pas d’ombre rafraîchissante sans lumière ardente, il n’est pas de vie sans mort. L’âme seule chemine dans l’Oidhe, lorsqu’on à reconnu cela, alors on échappe à la peur, on tranche les liens de la mort”. C’est pourquoi les Celtes n’ont pas peur de la mort.

Certaines âmes ne se réincarnent pas immédiatement après leur mort mais font un séjour sur la Plaine des Morts ou en Tir nan Og pour y attendre une nouvelle réincarnation, d’autres, déroutées de leur Oidhe deviennent des âmes errantes, des fantômes, des taibhse (prononcez tavsse) dont la peine ou la rage peuvent nuire aux mortels. C’est le dieu Donn, le dieu véridique, qui juge de la prochaine incarnation d’une âme.

Certains des dieux et des déesses sont psychopompes, c’est à dire qu’ils guident les âmes après la mort du corps et assurent ainsi leur transmigration. C’est pourquoi nombreux sont les guerriers Celtes qui consacrent leur âmes et celles de ceux qu’ils vont tuer aux divinités psychopompes avant une bataille. Ces divinités sont les déesses Mor Rigan, Brigid, Arianrhod, Badb, Cliodhna et Etain/Eponna et les dieux Donn, Elcmar et Bràn.